L'ombre des lombax - Revival - Chapter 4

Author: tenebro_lombax

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Quelques heures avaient passé depuis la violente altercation entre le duo et la jeune Ténex. Le soleil qui illuminait la planète Fastoon commençait maintenant à se coucher et le ciel arborait désormais de magnifiques couleurs jaune-orangées. Clank était en train de retraverser la Place de la connaissance, après s’être rendu à la bibliothèque. La marque des coups assénés par Astra était bien visible sur sa cuirasse, mais le petit robot fonctionnait de façon totalement normale. Ratchet, quant à lui, se tenait debout à proximité des restes de l’Aphélion qu’il observait le regard triste. La décharge d’énergie projetée par le chronosceptre avait entièrement pulvériser le vaisseau lombax. L’habitacle avait entièrement disparu et les moteurs gisaient complètement calcinés aux pieds de Ratchet. Dans cet état de destruction, même la plus puissante énergie zoni ne suffirait pas à restaurer l’engin. En plus de la tristesse générée par la perte de son vaisseau fétiche, le lombax souffrait encore des séquelles de son affrontement avec Astra, en particulier au niveau de ses côtes mises à l’épreuve par le chronosceptre de cette dernière. Il ne s’agissait pas là de blessures très importantes mais il aurait été ravi de pouvoir profiter de la trousse de soin qui se trouvait dans la boîte à gant de l’Aphélion. Alors que Ratchet contemplait son immense déception face à sa défaite, Clank s’approcha de lui.

- Ratchet, dit Clank, j’ai pu accéder au détecteur de vaisseau au camp de fouille de la bibliothèque. Il a bien repéré un vaisseau quitter la planète après que cette Astra nous ait quittés. Que faisons-nous maintenant ? demanda le robot à son compagnon.
- Ce qu’on fait maintenant ? commença Ratchet d’un ton agacé. Je suppose que tu veux qu’on poursuive le troisième lombax, ou Ténex, ou je ne sais quoi qui essaie de nous tuer ? J’en ai marre Clank.
Le robot fut assez surpris de la violence de la réponse de son compagnon et approcha sa main de Ratchet pour le réconforter mais celui-ci le repoussa.
- A chaque fois que je me mêle des affaires d’un autre membre de mon espèce, continua Ratchet en s’énervant de plus en plus, c’est la même chose. Il essaie de me tuer, je fais tout mon possible pour l’aider mais j’échoue lamentablement, et il termine mort. Je n’ai pas pu sauver Angela de Tachyon, et je n’ai pas pu sauver Alister de lui-même. Pourquoi est-ce que je devrais m’entêter à continuer ?
- Ratchet, calme toi s’il-te-plaît, fit Clank.
- L’univers entier me demande de m’intéresser au sort des lombax, poursuivit Ratchet, comme si par le sang j’avais l’obligation d’être leur sauveur. Cette galaxie n’a jamais rien fait pour les sauver et considère que c’est à moi de m’occuper de ça ? Moi qui n’ai pas été élevé par les lombax ? Moi dont la majorité des rapports avec mon espèce consiste à tenter de ne pas mourir ? Ça suffit Clank. J’en ai marre. Quand Sigmund nous a appelé à l’aide, je pensais pouvoir faire quelque chose, être un héros une fois de plus, peut-être découvrir quelque chose de bien sur mes origines. Mais tout ce que ça m’a apporté ce sont des côtes froissées. Alors Clank, je t’en prie, donne-moi une bonne raison de ne pas appeler immédiatement un taxi galactique pour me ramener chez moi afin que je puisse me détendre, en me moquant totalement de ce qu’il pourrait advenir de cette fichue galaxie. Comme le font la quasi-totalité des bouseux qui peuplent cet univers.

Clank fut particulièrement décontenancé face à la violence des paroles de son meilleur ami et ne trouva pas les mots pour répondre. Ratchet se mit à avancer rapidement, en bousculant le robot zoni au passage, en direction de la Place de la connaissance. Toujours secoué, Clank l’observa avancer quelques instants avant de se décider à intervenir.

- Ratchet, appela Clank. S’il-te-plaît laisse-moi te parler. Je sais que c’est difficile pour toi de faire face à nouveau face à une personne ayant les mêmes origines que toi. Mais cette personne représente une menace importante pour la galaxie. Et même si tu ne le fais pas pour Polaris, ni pour les lombax, fais-le pour moi. Parce que je n’y arriverai pas sans ton aide, Ratchet.

Le lombax, entendant cela, s’arrêta de marcher. Il regarda un moment le sol, serra les poings et soupira bruyamment. Il regarda son ami robotique en lui faisant signe de le rejoindre avant d’aller s’asseoir sur les restes de la fontaine située au milieu de la place. Clank, légèrement rassuré se dirigea vers son ami et s’assit également à proximité de lui. Les deux compagnons restèrent en silence pendant quelques minutes, avant que Ratchet se décide finalement à prendre la parole.

- Je ne sais pas Clank, commença le lombax. J’ai fait beaucoup de choses pour cette galaxie, et beaucoup me considèrent comme un héros. Je devrais être fier, mais il y a tellement d’amis que je n’ai pas été capable de sauver. Angela, Cronk, Zéphyr, Orvus, Alister. Ils sont tous morts parce que je n’ai pas été capable de les sauver à temps. Souvent, je n’arrive pas à dormir tellement leur mémoire résonne dans mon esprit.
- Ratchet, dit Clank d’un ton réconfortant, tu sais pertinemment bien que ce n’est pas de ta faute. Tu as essayé, et tu as mis ta vie en danger plus d’une fois pour cela. Peu de personnes peuvent en dire autant.
- Je m’en doute bien, répondit Ratchet, mais si seulement j’avais pu être plus compétent, ils seraient peut-être encore en vie. Je m’en sors souvent en fonçant dans le tas. C’est facile de battre un savant fou, ou un empereur qui se croît invincible sur son trône, mais dès qu’il s’agit d’un combattant expérimenté, je n’arrive à rien. Si Alister n’avait pas réalisé l’erreur qu’il était en train de commettre, il m’aurait vaincu sans problème. Et c’est la même chose pour cette Astra, elle s’est certainement entrainée toute sa vie au combat. Alors que moi, au final, je ne suis jamais qu’un mécano.
- Cela ne t’a pas empêché de faire de grandes choses, expliqua Clank. Tu as beaucoup aidé cette galaxie, et puis…
- Ça a beau être vrai, interrompit Ratchet, ce n’est pas ce que j’ai pu faire par le passé qui va me permettre de remporter un duel face à cette Astra.
- Laisse-moi finir, continue Clank. Il y a une chose que nos aventures nous ont apporté, c’est de nombreux amis, et ceux-ci occupent maintenant des places très intéressantes et influentes. Que penserais-tu de contre-attaquer en demandant de l’aide ?
Les oreilles de Ratchet se dressèrent et le lombax regarda Clank d’un air interrogatif, en se demandant ce que son compagnon avait en tête.
- Cette Astra a dérobé un puissant artefact zoni, elle a endommagé le patrimoine lombax, et va certainement causer bien d’autres dégâts si elle n’est pas arrêtée. Je pense que la section de protection et de développement de la science et de la culture serait possiblement intéressée dans sa capture, poursuivit le petit robot d’un ton ironique.
- Et je suppose donc que tu veux qu’on appelle Talwyn, soupira Ratchet.
La markazienne et le lombax n’étaient plus en bon termes depuis maintenant un petit moment, et Ratchet aurait sans doute préféré ne pas avoir à faire à son ancienne amie. Cependant, la gravité de la situation, ainsi que le fait que les deux compagnons étaient coincés sur une planète désertique, lui fit rapidement comprendre qu’il s’agissait de la seule solution.
- Bon, d’accord, on appelle Talwyn, admit Ratchet. Mais comment tu comptes faire ça ? Notre relais de communication galactique a cramé avec l’Aphélion, donc ça risque d’être délicat.
- Je me suis permis de connecter ton unité de navigation avec le relais situé au camp de fouilles, répondit Clank. Nous n’avons plus qu’à passer l’appel.

Ratchet soupira une nouvelle fois et actionna son unité de navigation de manière à établir un contact direct entre lui et la Haute Commissaire des forces défensives de Polaris. Après quelques instants, un hologramme de la markazienne apparu devant le lombax et son compagnon robotique. Celui-ci montrait Talwyn, visiblement surprise de ce soudain appel, mais semblant tout de même se réjouir de pouvoir parler avec son vieil ami.

- Ratchet ! Clank ! commença la markazienne d’un ton joyeux. Comment allez-vous ? Que me vaut le plaisir de cet appel ?
Ratchet roula immédiatement des yeux et afficha un air agacé. Talwyn, remarquant cela, ressenti une intense gêne. Clank, blasé, lui répondit.
- Bonjour Talwyn, dit-il, nous t’appelons parce que nous sommes dans une situation quelque peu délicate. C’est une histoire un peu compliquée mais nous sommes présentement coincés sur Fastoon, étant donné que notre vaisseau a été détruit.
- Que s’est-il passé ? demanda Talwyn.
- En résumé, une « lombax », du nom d’Astra, a réussi à dérobé le chronosceptre, un puissant artefact zoni, au gardien de la Grande Horloge. Nous l’avons alors poursuivi jusqu’ici, mais elle est parvenue à nous repousser sans difficulté et a détruit l’Aphélion.

Talwyn Apogée était au courant de l’existence de la Grande Horloge, et, si elle n’avait jamais eu l’occasion de s’y rendre en personne, les explications, données par Ratchet et par Clank sur la nature de cette station spatiale, lui permettaient de savoir qu’il y avait un danger important si une personne venait à s’emparer des pouvoirs qu’elle renferme.

- J’aimerais bien venir vous aider, répondit-elle doucement, mais je suis prise par mes responsabilités dans les Forces Défensives de Polaris.
- Ce n’est pas vraiment toi seule qui va nous aider, dit Ratchet d’un ton énervé, c’est des troupes de ta section que nous avons besoin. Cette Ténex est complètement folle et a une puissance de feu considérable. Puissance de feu que ton armée va nous fournir.
- En effet, continua Clank, cette personne est une menace pour le patrimoine lombax, et possiblement pour les lombax eux-mêmes. Elle a déjà détruit une statue d’une valeur inimaginable ici, elle veut certainement s’emparer d’autres artefacts zoni pour gagner en puissance et sa cible finale semble être de retrouver les lombax pour les détruire définitivement.

Ayant entendu cette information, Talwyn s’arrêta pour réfléchir un instant. Elle hésitait à mobiliser ses troupes pour cette affaire, étant donné qu’il s’agissait là d’une demande de ses amis qui pouvait être vu comme du favoritisme. Cependant, le risque d’un problème majeur concernant la survie de la civilisation lombax, sur laquelle elle avait déjà mobilisé une quantité conséquente de moyens était un argument favorable à une certaine intervention.

- Je ne peux pas mobiliser aussi rapidement toute ma section, affirma la Haute Commissaire. Cependant, je peux vous rejoindre avec ma frégate qui dispose tout de même d’un nombre conséquent de rangers et de chercheurs. Cela nous permettra au moins de vous secourir et d’évaluer la situation de façon à déterminer quelle action il sera nécessaire de prendre par après.
- Faudrait voir à pas trop trainer non plus, fit Ratchet, toujours agacé.
- Ce serait fort appréciable, dit Clank en interrompant les propos médisants de son partenaire, je te fais parvenir les coordonnées où nous t’attendrons.
- Bien reçu, assura Talwyn en calculant son itinéraire avec les données acquises. Selon les estimations, je devrais être là d’ici deux heures et trente-huit minutes.
- Nous t’attendons avec impatience, conclut Clank. A bientôt.
La communication coupée, Ratchet s’éloigna de son compagnon robotique et parti s’allonger dans le sable, encore chaud malgré le fait que la soirée avançait. Clank, quant à lui, resta près de la statue afin de l’étudier plus en détail.

Les deux compagnons restèrent silencieux en attendant l’arrivée de leur amie markazienne. Clank prit simplement le temps d’envoyer un message à Sigmund afin de l’informer des derniers rebondissements et de lui demander de chercher des informations sur le chronosceptre et sa soudaine montée en puissance. La soirée avançait et la teinte orangée du ciel avait disparu au profit d’un beau bleu foncé, la première lune de Fastoon était déjà haute dans le ciel et la seconde n’allait pas tarder à apparaitre à son tour, et les plus brillantes étoiles commençaient déjà à briller. Ratchet s’était assoupi quelques temps, mais la fraicheur de la nuit naissante le réveilla. Il resta encore un peu allongé en admirant la beauté céleste de la lune, tout en réfléchissant à ce qu’il allait faire par la suite.
Soudain, le lombax vit apparaître l’ombre d’un vaisseau dans le ciel. Celle-ci s’approchait rapidement du lieu où se trouvaient les deux compagnons et put distinguer qu’il s’agissait d’une frégate de grande taille dont les vives couleurs bleues et oranges évoquaient celles des Forces Défensives de Polaris. Ce type de vaisseau pouvait transporter une trentaine de personnes et était particulièrement pratique pour remplir des missions rapides et ne nécessitant pas trop de personnel, ou des missions de reconnaissance et d’observation. Si ces frégates ne détenaient qu’une fraction de la puissance de feu des grands croiseurs dont disposait l’organisation, elles pouvaient tout de même s’avérer efficace dans le cas d’une bataille spatiale du fait de leur agilité. Ratchet se douta bien qu’il s’agissait du transporteur que Talwyn avait dû mobiliser pour venir les secourir et se leva donc en soupirant pour rejoindre son compagnon robotique, afin d’aller accueillir son ancienne amie. L’imposant vaisseau vint se poser sur la Place de la connaissance et, alors que Ratchet et Clank s’en approchèrent, ceux-ci virent le sas s’ouvrir lentement. Cependant à leur grande surprise, la première personne à descendre ne fut pas Talwyn mais un autre markazien qui se précipita avec enthousiasme vers les deux compagnons.
Celui-ci faisait environ deux têtes de plus que le petit lombax et arborait des cheveux châtains mi-longs qui recouvrait ses oreilles et n’en laissait dépasser que la pointe caractéristique de son espèce. Le markazien avait le visage plutôt fin mais qui se distinguait par un tatouage noir représentant une flamme qui lui recouvrait l’œil gauche. Il portait une armure légère orange et bleue roi typique des rangers appartenant aux Forces Défensives de Polaris. A sa ceinture était attaché un large pistolet-blaster, ainsi que deux petits bâtons électromagnétiques, et, dans son dos, se trouvait un long blaster-mitrailleur. Le ranger n’avait pas l’air particulièrement costaud, et Ratchet l’aurait sans doute pris pour une nouvelle recrue s’il n’avait pas remarqué l’épaulette bleue gravée qu’il portait, signifiant qu’il s’agissait là d’un officier gradé.

- Bonsoir ! dit le markazien d’un ton jovial et en secouant violemment les mains de Ratchet puis de Clank. Je suis super content de vous rencontrer tous les deux, j’ai tellement entendu parlé de vos exploits et Talwyn m’a beaucoup parlé de vous. C’est trop bien !
- Euh… Salut ? répondit Ratchet, surpris par l’énergie de son admirateur.
- Ah mais oui, me présenter, j’oubliais ! Moi c’est Joris, Joris Ionosphère, fit-il en essayant de prendre un ton plus solennel. Premier assistant-commissaire des Forces Défensives de Polaris, dans la section de conservation et du développement de la science, de la culture et du patrimoine galactique. Section à laquelle il serait grand temps d’apposer un nom plus concis, si vous voulez mon avis, plaisanta-t-il.
- Ionosphère ? s’interrogea Clank. Seriez-vous par hasard apparenté à Liara Ionosphère, l’Autorité Représentative ?
- Tout à fait, répondit le markazien. Je suis son frère cadet, enfin, cadet si vous considérez que je suis plus jeune que ma sœur jumelle, Lyra, qui est née deux minutes avant moi ! Mais ça n’a pas véritablement d’importance, nos deux grandes sœurs nous ont toujours considéré comme étant du même âge. Enfin je m’égare, mais oui oui, Liara est bien ma grande sœur ! Elle est géniale n’est-ce pas ? Elle a fait tellement de choses trop bien, je suis trop trop content pour elle, c’est génial…
- Je… tenta d’interrompre Clank, en vain.
- Mais, Autorité Représentative Supérieure de l’Union Galactique de l’Union Galactique de Polaris, avouez, ça a de la classe interstellaire ! continua Joris sans prêter attention à Clank. Ok, c’est pompeux comme titre, mais on aime bien ça dans cette galaxie, c’est globalement la même chose dans les Forces Défensives de Polaris, et on a du mal à mettre des abréviations, parce que sinon bah ça fait FDP et c’est un peu gênant si tu vois ce que je veux dire.
- Mais il s’arrête jamais, marmonna Ratchet, excédé par le comportement du markazien.
- Enfin bref, ma sœur ! poursuivi le markazien Vous voyez, elle a toujours fait de son mieux pour arriver à améliorer l’état de la galaxie. Déjà quand j’étais gamin je la voyais travailler pour ses études en sciences politiques, en histoire, en sociologie et en anthropologie… Oui, elle a fait beaucoup de trucs, en même temps, elle a fini l’école alors qu’elle avait seulement quinze ans, ça m’a toujours épaté ça ! En plus elle m’a beaucoup aidé quand j’étais enfant. Liara n’a jamais vraiment arrêté d’aider tout le monde.
- Silence ! hurla Ratchet, en interrompant violemment Joris. On a des problèmes importants à régler, pour rappel.
- Excusez l’emportement de mon ami, Monsieur Ionosphère, malgré que vos histoires soient très intéressantes et que je serais heureux de les entendre, il est nécessaire que nous en venions au problème qui nous occupe.
- Oh, désolé désolé, dit Joris d’un ton inquiet, je me suis encore emporté, ça m’arrive toujours quand je rencontre de nouvelles personnes ! Venez, suivez-moi, Talwyn vous attend à l’intérieur du vaisseau.
- Elle ne pouvait vraiment pas venir dire bonjour elle-même je suppose ? demanda Ratchet, toujours agacé.
- Excusez la, Sir Ratchet, elle était occupé à planifier l’opération avec les autres rangers et les chercheurs. Du coup, elle m’a demandé de vous accueillir à sa place. Mais elle est impatiente de vous voir. Je crois même que ça la stresse un peu, ria Joris.
- « Sir » Ratchet ? S’interrogea le lombax. Attends un peu… Quoi ?

Le markazien n’avait pas entendu cette dernière remarque et se dirigea vers la frégat, Ratchet et Clank lui emboitèrent le pas et pénétrèrent enfin dans le vaisseau. Le sas menait à un couloir exigu, qui ne comportait qu’une grande quantité de tuyauteries et quelques postes de contrôle. Après avoir circulé quelques temps dans celui-ci, les trois individus arrivèrent à ce qui ressemblait clairement à une salle de réunion. Celle-ci comportait une grande table ovale au centre duquel était fixé un large projecteur holographique émettant une lumière bleutée et permettant de faire apparaître des représentations en trois dimensions de lieux, de plans et de données diverses. Cette pièce continuait sur un large couloir, où se trouvaient de nombreux sièges accompagnés de plusieurs moniteurs et installation servant à surveiller le fonctionnement du vaisseau ou simplement de postes de travail, et qui menait tout droit au pont et au poste de pilotage de l’engin. L’équipage, dont la majeure partie s’affairait dans cet espace était particulièrement divers. En effet, on y trouvait non seulement d’autres markaziens, des terachnoïdes, un Vullard, quelques drophyde, et, fait rare, même un agorien. Talwyn Apogée, quant à elle, était adossée à la table de la salle de réunion et discutait avec un scientifique terachnoïde, quand elle entendit Joris rentrer accompagné de ses deux invités.
-
Ratchet ! Clank ! s’exclama la markazienne. Désolée de ne pas avoir pu vous accueillir, j’étais occupée de discuter avec mon équipe afin de déterminer la meilleure marche à suivre.
- J’espère qu’ils sont efficaces au moins, dit Ratchet d’un ton paraissant toujours agacé.
- Il s’agit de ranger expérimenté et de chercheurs disposant de connaissances pointues en archéologie et en civilisation lombax, répondit Talwyn avec fermeté. J’ai également fait en sorte qu’ils puissent contacter les chercheurs chargés des fouilles de Capbolt à tout moment, si cela s’avérait nécessaire.
- Mouais, commença Ratchet, c’est bien ce qu’on ve…
- Nous te remercions de ton aide précieuse, Talwyn, interrompit Clank. Je pense avoir certaines données qui pourraient aider ton équipe à s’orienter dans cette recherche. Peux-tu les réunir afin que je les en informe ?

Talwyn donna l’instruction à l’équipage de se rassembler en salle de réunion afin de déterminer la marche à suivre. Ratchet en profita pour aller chercher de quoi soigner ses blessures, alors que Joris s’approcha de Clank et afin de lui parler.

- Dites, Sir Clank, est-ce qu’il s’est passé quelque chose entre Talwyn et Sir Ratchet ? demanda-t-il. Parce que j’ai l’impression qu’ils interagissent comme le ferait des ex.
- Il ne s’est jamais rien passé de véritablement concret entre eux, répondit Clank. À une époque, je pense que cela aurait bien été possible, vu qu’ils étaient très proches, mais depuis que Talwyn s’est mise à étudier la civilisation lombax avec sa section des Forces Défensives, Ratchet refuse de la fréquenter.
- Pourquoi cela ? s’interrogea Joris.
- C’est délicat, dit Clank en baissant légèrement la tête. Ratchet a un rapport assez problématique avec sa civilisation, et il ne veut plus trop en entendre parler. Ce qui est problématique étant donné qu’un bon nombre de ses amis, moi y compris, s’intéressent à ce sujet.
- Oh… fit le markazien, j’espère que ça va s’arranger.
- Mais dites-moi, demanda Clank, pourquoi êtes-vous si curieux à ce sujet. Auriez-vous une attirance pour Talwyn ?
- Non, pas du tout, rigola le markazien, je ne suis pas vraiment de ce bord-là, en fait. Mais Talwyn est devenue une amie chère depuis que je travaille avec elle, donc je m’inquiète lorsque quelque chose la rend malheureuse.
- Clank ? demanda Talwyn en s’approchant. L’équipage est prêt à commencer.
Joris se releva sous le regard interrogatif de Talwyn et lui fit rapidement un clin d’œil auquel la markazienne répondit par un sourire en se retournant vers la table. Clank, dans le but d’être mieux entendu, monta sur la table et commença à parler aux personnes s’étant rassemblée.
- Bonjour à tous, commença Clank, avant toute chose, je tiens à vous remercier d’être venu nous assister aussi rapidement. Je vais essayer d’être aussi clair que possible afin de vous faire comprendre la menace potentielle qui pèse sur nous. Ratchet et moi-même sommes venus plus tôt sur Fastoon afin d’arrêter une femme lombax qui avait dérobé un puissant et dangereux artefact. Malheureusement elle s’est avérée comme étant bien plus expérimentée que nous ne l’avions anticipé et s’est donc échappée, après avoir détruit une très ancienne statue lombax. Durant l’échange que nous avons eu avec cette personne, il est ressorti qu’elle se nomme Astra et prétend être une « Ténex » ayant une haine pour les lombax. Avant de définir l’opération qu’il nous faut entreprendre, est-ce que quelqu’un aurait des connaissances sur quelque chose de lier à cela ?
- Hum… peut-être mais je ne sais pas si cela va aider, dit timidement l’agorien en levant la main.
- Allez-y, nous vous écoutons, répondit Clank, un peu surpris qu’un agorien soit intéressé dans ce genre de thématiques. Mais qui êtes-vous ?
- Ce n’est pas grand-chose, continua l’agorien, mais il me semble avoir lu ce terme dans un texte lorsque je faisais des recherches pour mon mémoire d’histoire sur le début de l’âge d’or de la civilisation lombax. Je ne me suis pas plus planché sur la question mais je pense que ce texte, qui devait être ancien d’un bon siècle, y faisait référence comme d’une menace, déjà vieille à ce moment-là, qu’avaient surmonté les lombax bien avant cela.
- C’est un bon début, répondit Clank. Puis-je savoir votre nom ?
- Je me nomme Sofias, Sofias tout court, mon nom de clan m’ayant été arraché lorsque j’ai été banni du fait de mon désir de faire des études universitaires.
- Ah c’est pour ça qu’un agorien chelou était là ! s’exclama Ratchet, avant de se rasseoir en rougissant, après avoir senti le regard de toute l’assemblée le foudroyer.
- Hum… oui, d’accord, dit Clank en essayant d’ignorer la bourde de son ami, merci de votre aide précieuse, Sofias.
- Donc, que proposes-tu qu’on fasse, Clank ? demanda Talwyn.
- J’aimerais connaître les motivations de cette personne, répondit Clank, ainsi que les endroits qu’elle pourrait potentiellement visiter. J’ai également un ami qui suit actuellement une piste sur l’artefact qui est en sa possession. Mais je pense que des informations concernant cette histoire de Ténex pourraient se trouver dans la grande bibliothèque de Fastoon. J’aimerais donc demander votre aide afin de trouver celles-ci.
- Bien, dit Talwyn avec assurance. Je crois que notre travail est assez clair. Nous avons une femme d’origine fastoonienne qui s’est emparée d’un puissant artefact et s’en est servi pour endommager du patrimoine galactique et mettre en danger la vie d’autrui. Au nom des Forces Défensives de Polaris, je déclare que nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour l’arrêter. Et pour commencer, il nous faut des informations. Je propose que les chercheurs se divisent en deux groupes, un pour inspecter la statue qui a été endommagée, et l’autre pour chercher des informations sur ces fameux « Ténex ». Quant aux Rangers, inspecter la zone pour voir où cette Astra est atterrie et enquêter sur une potentielle localisation.

Après avoir reçu les instructions de la Haute Commissaire, les différents membres des Forces Défensives se mirent au travail. Les rangers se divisèrent en petits groupes de deux ou trois et allèrent explorer les alentours de la Place de la connaissance. Dans le même temps, les scientifiques se mirent à leur recherche. Quatre d’entre eux s’arrêtèrent à proximité de la statue décapitée de Kalis Rhân afin d’évaluer les dégâts lui ayant été infligés. Le reste d’entre eux suivit Clank vers l’immense bibliothèque alors que Joris et Ratchet fermèrent la marche. Il s’agissait d’un énorme bâtiment attaché à une falaise et mesurait au total plus de deux cent mètres. Les raisons pour lesquelles cette structure n’avait pas été bombardée lors de l’attaque de l’empereur Perceval Tachyon sur les lombax n’étaient pas claires, et il n’existait pas de réel consensus parmi les historiens. Certains considéraient que le cragmitte désirait la conserver pour en exploiter les connaissances plus tard, alors que d’autres émettaient l’hypothèse que les armées Drophydes s’étaient arrêtés avant d’attaquer cette zone de Capbolt afin de tenter d’empêcher les lombax de fuir en se servant du dimensionnateur. Quoiqu’il en soit, il s’agissait là d’une aubaine pour les scientifiques, et les recherches entreprises sur la civilisation lombax depuis la chute du second empire cragmitte, du fait que cette bibliothèque disposait d’une collection d’ouvrages retraçant toute l’histoire et une grande part des connaissances scientifiques des lombax. Le bâtiment avait certes subit l’épreuve du temps et du manque d’entretien, mais il restait un des plus beaux exemples de l’architecture lombax de la période Zellique, comme le faisait remarqué un archéologue terachnoïde en s’approchant de la structure. La partie la plus remarquable de ce bâtiment était sans nul doute son entrée que deux immenses colonnes d’une trentaine de mètres venaient entourés, et auxquelles étaient fixées deux grandes statues représentant des lombax se tenant fièrement en portant chacun une longue clé devant eux.

- Dites-moi, Professeur Cirylliss, demanda Sofias, savez-vous pourquoi la grande bibliothèque arbore comme cela des figures guerrières ? Il me semblait que les lombax étaient plus enclins à mettre en avant ses scientifiques, au moins dans les lieux de sagesse et de connaissance.
- Pouic. C’est très simple en fait, répondit un vieux fongoïde portant une blouse blanche par-dessus sa tenue aux couleurs des Forces Défensives de Polaris. Comme le faisait très justement remarquer un ami, que je fréquentais beaucoup durant mon doctorat en histoire de l’art, dans un magnifique article, le savoir scientifique faisait l’objet, durant la période Zellique où a été construit cet édifice, d’une surveillance rapprochée du pouvoir en place à ce moment-là, qui voulait la protéger d’éventuelle attaques des ennemis des lombax. Ces figures représentent donc sans doute les « gardiens de la connaissance », qui étaient des soldats d’élites ayant jurés de protéger le savoir et les scientifiques lombax. Cette tradition a rapidement disparue par la suite, lorsque les lombax ont commencé à s’ouvrir au reste de la galaxie, mais, dans un sens, on peut dire que ces individus occupaient le même poste que notre très cher Joris.
- Ah bon ? Du coup, quand est-ce qu’on construit une statue de moi devant la Bibliothèque Universitaire de Meridian City ? plaisanta le markazien.
- Je comprends mieux, dit l’agorien en ignorant la plaisanterie de Joris, merci de votre explication.

Le groupe pénétra dans l’édifice dont l’intérieur était encore plus fascinant que son extérieur. Des quantités folles d’ouvrages s’étendaient à perte de vue et sur les dizaines d’étages visible depuis le balcon du rez-de-chaussée. Le Professeur Ciryliss fut soulagé de voir que les précédentes équipes de fouilles avaient réparé un des ascenseurs car l’alternative des dizaines de milliers de marches d’escaliers ne le motivaient guère. Clank organisa les scientifiques en se basant sur un plan de la bibliothèque afin qu’ils soient aussi efficaces que possible. Une fois cela fait, l’équipe de recherche se mit au travail laissant Ratchet et Joris prêt de l’entrée à attendre qu’ils trouvent des informations pertinentes. Les deux individus restèrent silencieux pendant de longues minutes, ce qui finit par amener une certaine gêne que Joris décida de briser en ouvrant une discussion.

- Alors, Sir Ratchet, commença le markazien en essayant d’adopter un ton enthousiaste, quoi de neuf ?
- Pourquoi tu nous donne ce titre de « sir » ou je sais pas quoi ? demanda Ratchet avec le ton agacé qu’il avait maintenu depuis l’arrivée de Talwyn.
- Euh ben… vous n’êtes pas au courant ? répondit Joris en essayant d’ignorer l’énervement du lombax. C’est ma sœur… enfin l’Autorité Représentative Supérieure qui a décidé d’honorer les plus grands héros de la galaxie en leur donnant ce rang de… hum comment c’était déjà ? hésita le markazien. Je crois c’est le titre de Grand Chevalier Protecteur de la Paix et de l’Épanouissement de la Galaxie de Polaris.
- Mais… C’est une blague ? dit Ratchet en essayant de comprendre.
- Oui, je suis d’accord, poursuivit Joris, c’est un peu abusé ce nom à rallonge. Mais c’est rigolo un peu.
- Et c’est pour cela que tu t’obstines à m’appeler « Sir Ratchet » ? dit Ratchet d’un ton sarcastique.
- Bah oui, répondit le ranger. Enfin, c’est pas encore officiel, mais ça ne saurait tarder, comme vous avez vaincu Tachyon et tout. Donc je dis déjà « Sir Ratchet », « Sir Clank », « Sir Talwyn », etc. Je crois qu’il va y avoir une grande cérémonie et…
- Encore une cérémonie ? hurla Ratchet. Bordel mais je me suis déjà emmerdé à aller à la dernière, j’ai mieux à faire que d’assister à des cérémonies chiantes comme la mort.
- Je comprends bien, dit Joris avec légèreté, j’ai parfois assuré la garde de certaines d’entre elles et je dois bien dire que c’est pas bien passionnant. Enfin c’est assez classe parfois mais oui c’est un peu long généralement. Mais bon, c’est normal que vous soyez invité à ça, vous avez vaincu l’Empereur Tachyon, Sir Ratchet.
- Ok, première chose, commença Ratchet avec fermeté, tu arrêtes de me vouvoyer, je suis pas un type spécial, même si j’ai vaincu Tachyon. Après tout je n’ai fait que tirer une roquette sur le trône mal fichu d’un cragmitte avec un problème de croissance. Deuxième chose, tu dis encore « Sir Ratchet », une seule fois, et je te jure sur tous les zonis de l’univers que je te ferai bouffer ma clé !
Joris resta immobile pendant quelques secondes en regardant avec de grands yeux la grosse clé millénium que Ratchet pointait dans sa direction, avant d’éclater soudain de rire, ce qui décontenança fortement le lombax.
- Alors, dit le markazien en essayant de s’arrêter de rire, vous êtes… Enfin, tu es vraiment un drôle de type, Ratchet. Je t’aime bien, un peu. Je savais pas trop comment te parler, parce que bon, j’ai beaucoup entendu parler de toi, mais j’ai l’impression que t’es un peu grognon depuis qu’on est là donc voilà. Mais j’ai envie de te connaître tu sais, je suis sûr que t’es plutôt sympa en vrai !
- Ouais, répondit Ratchet, désolé de m’être emporté, c’est juste que j’ai beaucoup de choses dans la tête ces derniers temps. Enfin, c’est juste que j’en ai marre de toujours finir par être mêlé à toutes les histoires de lombax de l’univers.
- Sans vouloir être méchant, tu es globalement tous les lombax de l’univers, donc c’est un peu difficile, je crois, plaisanta Joris.
- Bah ce que je veux dire, continua le lombax, c’est que tout le monde pense que mon but dans la vie c’est de les sauver. Alors qu’en vérité, je ne suis même pas certain que ce soit une bonne idée. Talwyn et Clank, et même le gouvernement maintenant, se sont mis en tête de les ramenés sous prétexte que j’ai sauvé la galaxie. Sans véritablement faire gaffe à ce que j’en pensais.
- Donc si je comprends bien, déduit le markazien, tu fais la gueule à tes amis, parce que tu es complètement paumé ?
- Je… non… enfin… je sais pas, tenta de répondre Ratchet désarçonné par le commentaire de Joris.
- Viens prendre l’air avec moi, un peu je vais te raconter une histoire, indiqua le markazien. Je sais pas si ça va t’aider mais je vais faire de mon mieux.
Intrigué, Ratchet suivi le markazien à l’extérieur de la bibliothèque. Il sentit la fraîcheur de la nuit fastoonienne lui dresser légèrement le poil et frictionna un peu ses bras pour se réchauffer avant de rejoindre Joris qui venait de s’asseoir sur une marche.
- Tu sais Ratchet, commença le ranger, je t’ai déjà dit que j’admirais ma grande sœur, Liara du plus profond de mon cœur. Mais tout n’a pas toujours été facile dans nos vies. Parce que, figure-toi, nos parents déjà voulaient faire de Polaris une meilleure galaxie. Ils se sont donc lancés dans un activisme politique visant à ouvrir Markazia au reste de l’univers à nouveau. Ils ont rassemblé beaucoup d’adhérents à leurs idées et ont fini par obtenir une position politique importante et à créer des alliances avec d’autres civilisation. Liara était particulièrement fière d’eux et a rapidement décidé qu’elle voulait consacrer sa vie à les aider dans leur tâche.
- J’ai du mal à voir en quoi c’est lié à mon problème de lombax, jusque-là, dit Ratchet.
- Patience, patience, on en arrive à la partie difficile, continua Joris. En fait, la popularité de nos parents était telle qu’une unification de la galaxie semblait possible. Et je parle bien d’une période où le règne de Perceval Tachyon était déjà bien présent, même s’il n’avait pas encore atteint son paroxysme, c’est dire l’incroyable de la situation. Un jour, ils parvinrent à organiser une réunion de négociation avec les leaders les plus importants de la galaxie, qui visait la mise en place de traités qui pourraient pavés la voie à une prochaine unification. Malheureusement, la constitution d’une telle union galactique ne correspondait pas vraiment aux plans de Tachyon. Il a donc profité de la rencontre pour établir une embuscade, qui a parfaitement fonctionnée, la quasi-totalité des dirigeants ne faisant pas partie de son empire furent abattus sur place. Quant à mes parents ils furent capturés.
- Je reconnais bien là la fourberie de ce cragmitte, dit doucement Ratchet.
- Ah mais ce n’est pas fini, affirma le markazien. Si mes parents ont été les seuls survivants, c’est parce qu’il les voulait vivants à ce moment-là. Tachyon désirait faire passer un message, faire comprendre à la galaxie que si elle devait être unie, ce serait uniquement sous son règne tyrannique. Il a donc organisé une émission diffusée en direct sur toutes les holovisions de la galaxie. Figure-toi que c’était il y a tout juste vingt ans aujourd’hui. Je n’avais que huit ans à l’époque, alors que Liara en avait déjà vingt-et-un. C’était mon oncle qui s’occupait de nous pendant l’absence de nos parents. Je me souviens encore lui avoir dit quelque chose comme « Papa et maman sont à la télé, est-ce que ça veut dire qu’on a gagné ? ». Je ne comprenais pas vraiment ce qui était en train de se passer. C’est en voyant mon oncle pâlir et Liara se mettre à trembler que j’ai compris que quelque chose, quelque chose que je ne comprenais pas, n’allait pas. À ce moment, mon oncle m’a attrapé avec ma sœur jumelle et nous a amené précipitamment dans une autre pièce où se trouvait mon autre sœur. Il nous a alors ordonné de ne pas bouger, que tout irait bien. Mais je savais qu’il mentait, qu’il se passait quelque chose de grave, parce qu’il était en train de pleurer en nous le disant. Les détails sont un peu flous, mais je crois que ma grande sœur a voulu passé pour voir ce qu’il se passait, alors que mon oncle tentait de la retenir. Par contre, la chose dont je me rappelle le plus clairement et qui me poursuivra jusqu’à la tombe, c’est ce cri, cet immense cri absolument horrible qu’a poussé Liara, lorsqu’elle a vu nos parents se faire exécuter par Tachyon en direct.
L’histoire de Joris secouait particulièrement Ratchet, qui ne savait pas ce qu’il devait répondre à la façon dont le markazien lui racontait une période tragique de sa vie. Le lombax regarda le visage du ranger un instant et vit que le ranger pleurait en observant la grande Lune de Fastoon. Cependant il poursuivit son histoire :
- Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de préciser que la mort de nos parents a été particulièrement traumatisante, surtout pour Liara qui avait assisté à l’exécution. Pire encore, leur mort n’a strictement servi à rien. Certaines planètes ou alliance interplanétaires ont bien essayé d’attaquer l’Empire de Tachyon, mais ils se sont fait écraser ou ont battu en retraite, permettant au cragmitte d’asseoir son autorité sur une part encore plus grande de la galaxie. Quant à Markazia, voyant les débâcles militaires des autres opposants à l’Empereur, elle a préféré renforcé ses politiques isolationnistes en établissant un programme militaire centré complètement sur la défense de nos territoires. Tachyon était parvenu à détruire en quelques instants tout ce que mes parents avaient réussi à faire. Et Liara le savait très bien.
Cependant, beaucoup de personnes croyaient encore dans l’idéal du couple Ionosphère, et voyant le pouvoir markazien en place se complaire de plus en plus dans l’isolationnisme, ils finirent par placer tous leurs espoirs dans ma sœur. Mais à partir de ce moment-là, Liara se renferma de plus en plus sur elle-même. Elle continua à étudier énormément, bien plus qu’avant d’ailleurs, en abandonnant une bonne partie de sa vie sociale et affective au passage, parce qu’elle ressentait la pression de la responsabilité qui lui était imposée. Cette pression était beaucoup trop intense et un jour elle s’est mise à vouloir tout abandonner. Elle trouvait que ce qu’elle faisait n’avait plus de sens, que jamais elle ne pourrait accomplir le rêve de ses parents, et même que celui-ci n’était peut-être finalement pas un bien pour la galaxie.
- Tu penses que je suis dans une situation similaire à celle de ta sœur ? demanda Ratchet.
- Tu admettras que les ressemblances sont épatantes, assura Joris. Vous vous êtes tous deux retrouvés avec une responsabilité qui vous dépasse, alors que vous n’aviez rien demandé, ce qui a fini par vous faire craquer face à la pression, au point d’en venir à rejeter toute personne qui pourrait vous aider dans cette tâche. Et au final, vous vous détruisez tous les deux lentement dans l’opération.
- Mais finalement Liara Ionosphère a accompli le rêve de vos parents, donc cela n’a pas véritablement posé problème, non ? s’interrogea Ratchet.
- Cette réussite a été un long chemin, tu sais, répondit le ranger. Elle a bien failli tout abandonner lorsque ses amis avaient fini par laisser tomber à force d’être repousser. Même mon oncle et mon autre grande sœur commençaient à ne plus pouvoir supporter son comportement. C’est vraiment quand elle a compris qu’elle était en train de perdre les personnes qui comptaient pour elle que Liara a changé de perspective. Elle n’a pas accompli le rêve de nos parents, en vérité. Elle a juste voulu savoir ce qui allait se passer si elle tentait de construire son propre idéal pour Markazia et le reste de la galaxie.
- Je ne comprends toujours pas quel est le rapport de cette histoire avec moi et les lombax, ajouta Ratchet.
- C’est simple en vrai, répondit Joris. Est-ce que t’as pas juste envie de savoir ce qu’il est advenu des lombax dans l’autre dimension ? Sans volonté à deux balles de les ramener sur Fastoon ou quoi, et si tu les retrouvais juste pour découvrir ce qu’il leur est arrivé ? Genre si ça se trouve ils sont arrivés dans la dimension et se sont fait percuter par un astéroïde dix minutes après et sont tous morts. Ou alors ils ont muté à cause de l’air qu’ils y ont respiré et se sont transformés en lézard. Ne vas pas me faire croire que tu t’es jamais posé la question.
- Est-ce que la morale de ton histoire c’est de dire « On s’en fout de tout, faisons-le pour le fun » ? demanda Ratchet, relativement peu convaincu par l’argumentaire du markazien.
- On va dire que c’est ça, fit Joris en faisant un large sourire en direction du lombax, et aussi, fait le une bonne fois pour toute pour qu’on te foute la paix. Parce que tes meilleurs potes et la galaxie entière vont continuer de te faire chier si tu ne termines pas ce bordel.
- En gros, je n’ai pas vraiment le choix, donc autant que j’en profite ? marmonna Ratchet. Tu parles d’une liberté d’action.
- On ne peut jamais être vraiment libre si on ne prend pas conscience des chaînes du déterminisme qui oriente nos actions ! affirma le markazien avec assurance. Tu devrais lire l’Éthique du grand penseur markazien Spinozonde.
- Je suis probablement trop stupide pour comprendre une ligne de philosophie, ironisa Ratchet.
- C’est exactement ce que je me disais avant de le lire, répondit Joris en se levant, mais je l’ai fait, et c’était plutôt cool au final ! Même si j’ai beaucoup lu pour tout comprendre !

Alors que le ranger faisait quelques pas afin de se dégourdir les jambes et eut un sursaut lorsqu’il vit un grand ptérodactyle voler rapidement au-dessus de leur position en lâchant un cri perçant, avant de s’éloigner vers l’horizon en se slalomant entre les bâtiments de Capbolt.

- C’est quoi ce machin ? hurla le markazien.
- Un ptérodactyle fastoonien, répondit Ratchet, on en voit régulièrement sur cette planète, il n’y a pas de raison de s’en inquiéter, ils ne sont pas vraiment agressifs.
- Mais… Est-ce qu’il y en avait déjà quand les lombax vivaient ici ? s’interrogea Joris.
- De ce que j’en sais, oui, expliqua Ratchet. Alister Azimuth m’a dit qu’ils restaient généralement loin des grandes villes à l’époque, mais qu’on pouvait en observer très régulièrement dans les petits villages.
- Ok, donc les lombax, ils n’observent pas des hirondelloïdes, mais des ptérodactyles, s’amusa le ranger. C’est totalement metal !
- On peut dire ça comme ça, dit le lombax en rigolant.

Après cet échange, Ratchet et Joris restèrent silencieux quelques minutes. Le ranger tourna quelques instants en rond avant d’aller discuter avec d’autres membres des Forces Défensives de Polaris qui passaient par là. Quant au lombax, il resta assis sur les marches à attendre le retour des chercheurs qui, il s’en doutait bien, allaient mettre un certain temps à trouver quelque chose de concluant. Il réfléchit quelque peu à tout ce que lui avait dit Joris. Certes il ne trouvait pas le parallèle avec Liara tout à fait satisfaisant, étant donné qu’il n’avait jamais, contrairement à elle, connu ses parents, mais l’idée de changer de perspective quant à la recherche des lombax ne lui déplaisait pas.
Cependant, cela ne réglait pas l’épineux problème de Astra. Ratchet savait qu’il pouvait compter sur l’aide des Forces Défensives de Polaris pour l’arrêter, mais, s’il se retrouvait à nouveau dans un duel, il n’aurait aucune chance de la battre. Son rapprochement récent avec Joris Ionosphère lui donna alors une idée. Le lombax se leva donc et s’approcha du markazien qui arrêta sa conversation pour écouter celui qu’il considérait déjà comme son nouvel ami.

- Dis voir, Joris, demanda timidement Ratchet, je vois que tu as des bâtons à ta ceinture, est-ce que tu es plutôt doué en combat rapproché ?
- Cela dépend du point de référence, répondit le markazien. En comparaison à ma grande sœur, pas Liara, mais Ély, bah je suis globalement nul. Mais elle, c’est littéralement un prodige : épée, bâton, lance, etc. elle maîtrise tout et c’est elle qui m’a entrainé, donc je me débrouille plutôt bien.

D’ailleurs elle est devenue maîtresse d’arme et a ouvert une école sur Murkrow, à la place d’une ancienne arène construite pour l’amusement de cette raclure de Tachyon. Son ouverture est d’ailleurs une sacrée aventure parce qu’au départ…

-S’il-te-plaît, arrête-toi tout de suite de parler et écoute-moi, interrompit Ratchet. Je veux juste savoir si tu peux m’apprendre quelques trucs qui pourraient me servir si je devais affronter à nouveau la fugitive.
- Tu veux que moi, le petit Joris, j’entraine le héros qui a mis un terme au règne de Tachyon ? s’exclama Joris avec joie. Mais c’est avec grand plaisir. Allez, en garde ! Qu’on s’amuse un peu.

Joris saisit les deux petites matraques attachées à sa ceinture et les fit tournoyer un instant dans ses mains avant d’appuyer sur un bouton situé à leur milieu. Cela eut pour conséquence d’ouvrir les bâtons à ce niveau et de permettre leur extension télescopique. D’un geste, le ranger clipsa ses deux armes de manière à ce qu’elles n’en forment qu’une. L’arme fut dès lors transformée en un bâton long mesurant un peu plus d’un mètre que le markazien prit fermement en main en le pointant en direction de son opposant. Ratchet prit la clé attachée dans son dos et la saisi des deux mains en dirigeant la tête de celle-ci vers Joris. Soudain, ce dernier frappa d’un coup de son bâton l’arme du lombax, la déviant ainsi vers la gauche, avant de passer dans un mouvement vif derrière son adversaire, que le markazien fit tomber à terre d’une frappe dans les jambes. Le dos de Ratchet heurta ainsi violemment le sol en lâchant un râle.

- Ça ne va pas du tout ça, dit Joris en tendant la main vers Ratchet pour l’aider à se relever. Ta posture, c’est du grand n’importe quoi, tu n’as aucune chance de maintenir ton équilibre en combat si tu te tiens comme cela voyons ! Allez, continua le markazien en se tenant derrière le lombax pour l’aider à correctement positionner son corps, tiens-toi droit, tiens ton machin en avant fermement des deux mains, les jambes bien parallèle – c’est super important ça –, et les pieds plantés dans le sol ; la clé un peu plus haute, le but reste quand même de parer les coups de ton adversaire. Bien, réessayons maintenant.

Joris se remit en position face à Ratchet et commença à l’attaquer à nouveau. Le lombax parvint à parer les deux premiers coups, mais son adversaire parvint une nouvelle fois à passer derrière lui et lui asséna un coup de bâton dans le dos.

- Le monde n’est pas en deux dimensions, s’amusa Joris. Ton adversaire peut se déplacer sur les côtés et passer derrière toi, donc n’hésite pas à te retourner en vitesse quand il faut. En plus tu es un lombax, profite de ton agilité et de ta rapidité pour prendre l’avantage.

Suivant ce sage conseil, Ratchet, que ses échecs répétés commençaient à agacer, tourna rapidement les talons, se replaça immédiatement dans la position que lui avait enseigné le ranger, et tenta de lui asséner un grand coup à la verticale. Joris para celui-ci sans difficultés et profita de cette ouverture dans la garde du lombax pour le frapper au niveau de l’estomac d’un coup sec de l’extrémité de son bâton.

- Doucement s’il-te-plait, dit Ratchet avec difficulté, je ne me suis pas encore tout à fait remis de mes blessures.
- Excuse-moi Ratchet, mais cette ouverture était juste trop belle, répondit Joris en rigolant. Les attaques à la verticale, tout le monde sera d’accord pour dire que c’est plutôt classe, mais il vaut mieux être sûr qu’elles mettront chaos l’adversaire ou, au moins, qu’elles déstabiliseront bien l’adversaire. Elle laisse beaucoup trop d’ouverture à une contre-attaque, tu sais. Il vaut mieux tenter des attaques à l’oblique ou à l’horizontal, ça permet mieux de retrouver sa garde si ton attaque est déviée.

Les deux reprirent leur affrontement. Le lombax était cette fois-ci plus assuré dans ses mouvements et parvint à attaquer plusieurs fois son adversaire tout en parvenant à parer les offensives de ce dernier. Joris continua de parer celles-ci mais commençait à fatiguer face à l’insistance de Ratchet. Soudain, alors que le markazien s’apprêtait à frapper le lombax, celui-ci fit un grand saut, suivit d’un salto et atterri dans le dos de son adversaire. Avant que Joris eu le temps de réagir, Ratchet tourna sur lui-même et asséna un violent coup sur le côté de son adversaire qui fut projeté au sol.

- Aie ? dit Joris la main droite tenant son flanc gauche alors qu’il était occupé à se relever. C’était violent ce coup-là, ça déconne moyen les clés millénium, fit le markazien en reprenant le sourire. Heureusement que j’avais une bonne armure, sinon j’aurais eu quelques côtes cassées je crois.
- Désolé, répondit nerveusement Ratchet. J’ai pas fait attention et sur le moment ça semblait être une bonne action. Je ne voulais pas te faire mal !
- Non mais ça va ! assura Joris d’une voix joyeuse. C’était une belle action. Comme quoi, ton cas n’est pas aussi désespéré que ça ! Tu es capable de faire de belles choses avec ton outil là.
- Merci ? dit Ratchet, décontenancé par tant de compliments. Je suppose que le bref entrainement que j’ai eu avec Alister n’était pas totalement perdu.
- C’est lui qui t’a appris à faire ce genre de mouvements ? demanda Joris, toujours joyeux. Mais c’est trop classe ! J’espère que ce que je t’ai dit t’as un peu aidé, mais je ne pense pas que je sois capable de te fournir l’entrainement qu’un grand général lombax pourrait te fournir.
- Non mais merci, tu m’as bien aidé quand même, répondit Ratchet. C’était sympa. Je pense pas que je sois proche d’être aussi doué que toi, mais au moins je pourrai peut-être faire quelque chose cette fois-ci. Et puis on aura sans doute encore un peu le temps de s’entrainer, si t’es d’accord bien sûr.
- Mais avec joie, mon jeune apprenti, répliqua le ranger d’un ton moqueur.
Alors que ces deux nouveaux amis discutaient en rigolant depuis maintenant un long moment, Talwyn sortit de la bibliothèque et se dirigea vers eux. Elle fut quelque peu surprise de leur nouvelle camaraderie mais tenta de rester concentrer sur ce qu’elle avait à leur dire.
- Ratchet, appela-t-elle. Clank m’a demandé de te dire qu’ils avaient potentiellement trouvé quelque chose d’intéressant.
- Ah bah on les aurait presque attendu, s’exclama le lombax. M’enfin, mettons-nous au boulot, cette Astra ne va pas s’attraper toute seule après tout.

Talwyn fut étonnée du soudain enthousiasme de Ratchet et, alors que celui-ci la dépassa afin de pénétrer dans la bibliothèque, elle regarda Joris qui montait également les marches d’un air interrogatif. Le markazien lui répondit simplement par un clin d’œil accompagné d’un grand sourire. La Haute Commissaire leva les yeux au ciel en comprenant que Joris avait réussi par un quelconque miracle à motiver son vieil ami lombax, et à le sortir, au moins pour le moment, de la grande déprime qui l’habitait. Accompagnée par son acolyte, Talwyn suivit alors Ratchet dans la grande bibliothèque lombax. Au sein de celle-ci, les scientifiques des Forces Défensives de Polaris ainsi que Clank s’étaient regroupés autour d’une table, qui devait autrefois servir aux étudiants lombax qui fréquentaient l’institution, et sur laquelle étaient posés de nombreux documents, livres et holo-projecteurs. Les discussions entre les chercheurs semblaient plutôt intenses et ceux-ci ne firent pas attention au retour de Ratchet et des deux markaziens. Clank cependant arrêta ce qu’il était en train de faire pour rapporter leurs découvertes à son compagnon.

- Alors Clank, qu’est-ce que vous avez trouvé ? demanda Ratchet d’un ton presque enthousiaste.
- Eh bien, répondit le robot surpris par la bonne humeur renouvelée de son ami, nous avons trouvé des textes vieux d’entre deux-cent et deux-cent-cinquante ans qui parlent beaucoup des Ténex, et j’aime autant te dire que ces derniers n’étaient pas de très sympathiques personnes, si nous nous fions à ces sources.
- Ah bon, dit Ratchet d’un ton ironique, la tête de plusieurs tonnes avec laquelle la seule Ténex que l’on connaît a essayé de m’écraser ne m’avait pourtant pas mis la puce à l’oreille.
- Ah ! s’exclama Joris pour appuyer la blague du lombax. C’est drôle parce que cette évidente tentative de meurtre montre que ce n’est pas une fille très sympathique !
- Un peu de sérieux, messieurs, dit Sofias agacé, nous venons tout de même de faire une découverte assez importante sur l’histoire lombax.
- En effet, rétorqua Clank. Nous avons trouvé des ouvrages racontant l’histoire d’un conflit de grande ampleur entre les Ténex et les lombax, survenu il y a plus de deux-cent-cinquante ans. Il semblerait que celui-ci ait duré pendant de nombreuses années et ait coûté de très nombreuses vies – la civilisation lombax fut même pratiquement mise à mort par les Ténex semblerait-il. L’ouvrage le plus important sur le sujet, intitulé La guerre des castes, décrit les évènements de manière assez détaillée. Il a d’ailleurs été écrit par le Général Karluss Zel, un très grand général lombax qui a dirigé Fastoon pendant des décennies et qui a fondé la civilisation lombax sous la forme qu’elle a maintenu jusqu’à la Grande Guerre face au premier empire cragmitte. Cependant, nous devons encore établir une synthèse claire de nos découvertes, que je prévois de t’exposer lorsque nous serons parvenus à la ceinture d’astéroïde de Nundac.
- Nundac ? s’interrogea Ratchet. Tu veux qu’on aille à la Station Spatiale Apogée ?
- Il s’agit également du nouveau centre d’opération de la section de conservation et du développement de la science, de la culture et du patrimoine galactique des Forces Défensives de Polaris, intervint Talwyn. Désolée de te prévenir seulement maintenant Ratchet, mais nous avons préparé un plan d’action durant les recherches sur le peuple Ténex. Étant donné que l’enquête préliminaire a déterminé que nous faisons face à une suspecte ayant endommagé des biens patrimoniaux faisant partie d’un site de recherche protégé, faisant du recel d’artefact dangereux, et ayant la volonté de prendre illégalement possession personnelle de trésors ayant un potentiel pour la recherche scientifique, par mon autorité de Haute Commissaire, je mobilise les Forces Défensives de Polaris pour arrêter la « Ténex » nommée Astra.
- Cool, fit joyeusement Joris, ça faisait longtemps qu’on n’avait plus vu d’action ! C’est quoi le plan ?
- D’abord, on se regroupe à la Ceinture de Nundac, répondit Talwyn. D’ici là, on devrait avoir une bonne idée de ce que sont les Ténex. Et avec un peu de chance, on devrait trouver dans ces textes ou avec le contact de Clank l’endroit où cette Astra pourrait se rendre. Ensuite, on prépare une opération pour appréhender la fugitive.

Ratchet fut particulièrement satisfait de l’annonce de cette opération qui allait sans doute permettre de mettre un terme aux ambitions d’Astra. Ainsi, alors que l’aube commençait à arriver sur Fastoon, le lombax et son compagnon embarquèrent sur la frégate des Forces Défensives de Polaris qui quitta aussitôt les ruines de l’ancienne cité lombax de Capbolt. Ratchet décida de profiter de ce voyage pour dormir quelques heures afin de reprendre des forces, alors que Clank continua de travailler avec les scientifiques de façon à obtenir une idée aussi claire et précise que possible de l’histoire des Ténex. Joris, quant à lui, assista Talwyn dans les différents préparatifs devant être accompli avant l’opération.
Quelques heures plus tard, Ratchet fut réveiller par une annonce disant que le vaisseau des Forces Défensives de Polaris s’apprêtait à atteindre sa destination. Malgré le fait qu’il serait bien resté dans sa couchette pour quelques heures de plus, le lombax se leva et se dirigea vers le pont, d’où il put apercevoir la ceinture d’astéroïde de Nundac s’approcher lentement. Celle-ci avait grandement changé depuis la dernière fois où Ratchet et Clank y avaient mis les pieds. Si à l’époque elle ne comportait que la grande Station Spatiale Apogée, qui servait alors de demeure à Talwyn, et plus anciennement à son père disparu Max Apogée, le lombax vit que la ceinture d’astéroïde était désormais dotée d’une multitude d’installation servant aux Forces Défensives de Polaris. Ainsi, différents spatioports avaient été installés sur de gros astéroïdes composant la ceinture, des extensions à la station spatiale principale avaient été ajoutées et d’autres stations plus petites étaient situées aux alentours. Ratchet remarqua aussi que de nombreux vaisseaux étaient également stationnés à cet endroit, et en particulier un grand croiseur de guerre, faisant sans doute de vaisseau amiral à la section des Forces Défensives dirigées par Talwyn.
La frégate pénétra dans la ceinture d’astéroïdes et se dirigea directement vers la Station Spatiale Apogée sur laquelle elle s’amarra. La totalité de scientifiques ainsi que Joris et une poignée d’autres rangers – qui n’étaient là que pour transporter les caisses de documents ramenées de Fastoon – suivirent Talwyn et Clank dans la station et Ratchet leur emboîta rapidement le pas. Ils traversèrent de longs couloirs et montèrent quelques ascenseurs avant d’entrer dans une grande salle de conférence. Le robot zoni s’installa à l’avant de la pièce de manière à présenter sa synthèse des découvertes ayant été faites sur les Ténex. Le petit robot eut quelques difficultés à faire démarrer son holo-powerpoint mais commença rapidement ses explications.

La guerre des castes racontait donc l’histoire d’un long conflit armé entre les Ténex et les lombax, où le général Zel expliquait comment les premiers avaient quasiment anéantis la civilisation de Fastoon à cause de leur orgueil. Clank expliqua en détail que cet évènement marquait la séparation entre la fameuse période Zellique, instaurée par ce grand général, et la période des castes qui la précédait. En effet, différents peuples fastooniens coexistaient sur la planète et présentaient des caractéristiques physiques légèrement différentes. Chacune accomplissait un rôle différent dans la société de Fastoon, ce qui lui permettait de fonctionner en harmonie, les Ténex, en particulier, s’occupaient généralement des gros travaux et de l’entretien de manière générale. Le doctorant en histoire et en archéologie précisa également que ces derniers semblaient avoir une jalousie envers les autres castes créant une isolation communautariste particulière de la caste Ténex. Un jour, ils firent sécession et attaquèrent les lombax, ce qui déclencha cette longue guerre. Fastoon fut ravagée par ce grand conflit, et les exactions se multiplièrent et ils s’attaquaient sans hésitation même aux enfants et aux blessés.
C’est dans ce contexte, détailla Clank, que le général Zel entra en jeu. La guerre s’éternisait et celui-ci en profita pour grimper progressivement dans la hiérarchie. Rapidement, il devint le numéro un du régime et mit en place une stratégie qui leur permettrait de ramener la paix. Le meilleur ami de Ratchet amena un élément intéressant : selon ce qui était raconté par le général Zel, il aurait existé une amitié ancestrale entre les lombax et les zonis et celle-ci joua un rôle essentiel dans la bataille. Ce lombax étant décrit comme étant particulièrement brave et courageux, il risqua sa propre vie et alla à lui-seul à la recherche de la Grande Horloge pour rencontrer Orvus. Il s’agissait là du dernier espoir pour la civilisation lombax qui était alors au bord de la disparition et, fort heureusement, Orvus accepta d’aider le général Zel. Les détails concernant leur action étaient imprécis, mais il semblerait qu’ils aient déclenché quelque chose d’appeler la « bénédiction des zonis » qui aurait permis de mettre fin à la guerre en causant la disparition de tous les Ténex. Clank conclut sa présentation en expliquant que les Ténex ayant été vaincu juste à temps pour que Fastoon ne soit pas totalement ravagée, le général Zel fut à l’origine d’un véritable âge d’or pour les lombax s’étant étendu jusqu’à la période de la Grande Guerre.

- Donc si je comprends bien, demanda Ratchet, Astra est par un quelconque miracle la dernière survivante des Ténex et elle veut continuer leur boulot ?
- Je pense que c’est à supposer, répondit Clank. En tout cas, cette Astra semble partager la perfidie que le général Zel attribuait au peuple Ténex. Je pense que les mensonges concernant sa soi-disant filiation avec Orvus, ainsi que l’illusion du passé qu’elle désirait nous faire passer pour la réalité le montrent bien.
- Je ne sais pas trop, Clank, dit Ratchet en réfléchissant. Sa connaissance de la Grande Horloge et son utilisation du chronosceptre donnent tout de même l’impression qu’elle doit avoir au moins quelques liens. Je ne sais pas si c’est vrai qu’elle est la fille de Orvus, mais comme elle semble avoir voyagé dans le temps, des liens avec les zonis ne sont peut-être pas à exclure totalement.
- Ratchet, c’est absolument impossible, dit Clank avec fermeté. Une telle personne ne peut pas être liée à Orvus.
- Je te dis juste que c’est peut-être une bonne idée de demander à Sigmund de faire des recherches sur elle, répondit Ratchet en essayant de calmer son ami, il trouverait peut-être des informations pouvant nous aider.
- Hum… fit Sofias en essayant de revenir dans les limites du sujet. Mais du coup, nous n’avons pas véritablement de nouvelles informations sur une possible localisation de la fugitive ?
- C’est fort déplorable, dit un scientifique terachnoïde, serions-nous arrivées dans une voie sans issue ? Allons-nous contempler l’abîme laissée par la vacuité du sens de nos existences le reste de notre journée ? Oserons-nous être confronter à cette angoisse existentielle ?
- Je pense que Clank avait une autre voie qui nous permettrait d’obtenir de telles informations, dit Talwyn en ignorant le terachnoïde. Je pense cependant qu’il n’est pas nécessaire que nous restions groupés pour s’occuper de cela. La réunion est donc ajournée.

Les chercheurs des Forces Défensives de Polaris quittèrent la pièce, tandis que Ratchet, Clank, Talwyn et Joris se rendirent dans une des grandes serres dont disposait la station spatiale. Ils se réunirent afin de planifier la suite des opérations. Ils décidèrent qu’il était grand temps de contacter à nouveau Sigmund afin de voir s’il avait réussi à trouver des informations sur le chronosceptre. Clank utilisa son communicateur intégré pour établir un lien avec la Grande Horloge, et, après quelques instants, un hologramme du gardien de la station zoni apparu devant eux. Le robot semblait toujours être cabosser suite à son affrontement avec la Ténex mais les principales réparations avaient été faites entre temps.

- Ah ! XJ-0461 ! s’exclama Sigmund. Je comptais justement vous appeler. J’ai découvert des choses très importantes sur le chronosceptre.
- Nous t’écoutons, Sigmund, répondit Clank.
- Eh bien voilà, commença le gardien, il semblerait que le chronosceptre était autrefois bien plus puissant qu’il ne l’est actuellement. Mais, pour une raison que je ne suis pas parvenue à déterminer, Orvus a pris la décision de diminuer le pouvoir de celui-ci en lui retirant certaines pièces. Peut-être que cela expliquerait d’ailleurs la surprise de cette hystérique de lombax lorsqu’elle l’a dérobé.
- C’est une Ténex apparemment, corrigea Ratchet, mais c’est une histoire compliquée. En tout cas, cela semble appuyer l’idée qu’elle dispose de connaissances très approfondies sur la Grande Horloge.
- Ce n’est pas la question, affirma durement Clank. Sigmund, continue s’il-te-plaît.
- Ce que j’ai trouvé est assez inquiétant, poursuivit le gardien. Il semblerait que, s’il venait à être entièrement restaurer, le chronosceptre disposerait de pouvoirs énormes. Il deviendrait véritablement une arme de destruction massive, pouvant détruire des villes entières et accroître son pouvoir de contrôle localisé du temps de manière exponentielle.
- Il faut que nous agissions vite donc, dit Talwyn en réfléchissant. Gardien, savez-vous combien de pièces sont manquantes à cet artefact ?
- Mieux que ça, assura Sigmund, les archives de l’Horloge contiennent leur emplacement exact, et même leur historique de déplacement.
- Je suppose que ça va régler le problème de savoir où se rend notre très cher Astra, s’amusa Ratchet.
- Alors, continua Sigmund, il y a trois pièces du chronosceptre que Orvus a dispersé dans Polaris. La première se trouvait sur Fastoon, après que les lombax l’ait récupéré sur une autre planète pour l’étudier. La deuxième se trouve sur Murkow dans ce qui semble être d’ancienne ruines fongoïdes. La troisième et dernière se trouvait originairement dans les forêts de Quantos, également dans un temple fongoïde. Mais apparemment elle a été déplacée à Meridian City, sans doute pour être étudiée.
- Serait-il possible que Astra puisse avoir connaissance de l’emplacement de ces pièces ? demanda Clank.
- En effet, répondit Sigmund, il semblerait que le chronosceptre permette de détecter l’emplacement de celle-ci. Il est donc à parier qu’elle soit déjà au courant de l’endroit où elles se trouvent.
- Bien entendu, ce ne serait pas drôle sinon, dit Joris d’un ton sarcastique.
- S’il y a une pièce sur Igliak, elle est très certainement conservée dans les réserves du Museum d’Histoire Intergalactique, affirma Talwyn. Je suppose que je peux contacter des gens afin de faire en sorte qu’elle soit trouvée, mise en sécurité et gardée.
- Je pense qu’elle va d’abord se diriger vers Murkow, hypothétisa Ratchet. Si elle est dans un ancien sanctuaire fongoïde, elle s’attend sans doute à ne rencontrer que peu de résistance. Et elle se doute bien qu’elle aura besoin d’un maximum de puissance avant d’attaquer un lieu de Meridian City.
- Cela me semble pertinent, assura Talwyn. Je propose donc de nous préparer à une intervention de la section sur Murkow.
- J’ai deux de mes sœurs qui vivent sur cette planète, et connaissent sans doute l’endroit, ajouta Joris. Et elles savent bien se battre. Je peux les contacter si vous m’en donner l’autorisation.
- Bien sûr, Joris, dit Talwyn, elles nous seront sans doute d’une aide précieuse. Gardien, pourriez-vous nous transmettre les coordonnées exactes où se trouve la pièce du chronosceptre ?
- Je m’en charge immédiatement, Haute Commissaire Apogée, répondit le gardien.
- Sigmund, demanda Ratchet, pourrais-tu également faire quelques recherches sur la guerre entre les Ténex et les lombax. Apparemment, les zonis et Orvus y ont été mêlés. Cela pourrait apporter des informations importantes pour notre situation. Regarde aussi si tu trouves quelque chose de directement lié à Astra au passage.

Clank faillit répondre mais se ravisa et se contenta de lancer un regard énervé à Ratchet. Après les salutations d’usage, ils coupèrent la communication afin de commencer les préparations. Talwyn se rendit au poste de commandement, accompagnée de Clank de façon à donner les instructions aux personnes qui allaient prendre part à l’opération visant à arrêter Astra. Ratchet se rendit dans une chambre lui ayant été attribué pour poser ses affaires et se reposer. Quelques heures plus tard, Joris vint lui rendre visite en tenant une armure orange et bleue.

- Ratchet, Talwyn m’a demandé de t’apporter cette armure, annonça le markazien. Il paraît qu’elle est à ta taille et tout. Je ne préfère pas savoir comment est-ce que Tal’ est au courant de tes mensurations, mais voilà.
- Mais cette armure est aux couleurs des Forces Défensives, fit remarquer Ratchet d’un ton inquiet. Elle est au courant que je ne compte pas les réintégrer.
-Bien sûr que non, fit Joris d’un ton se voulant rassurant. C’est juste pour que tu aies quelque chose de décent pour te protéger des coups de cette folle d’Astra, dans le cas où tu la réaffronterais. Talwyn m’a d’ailleurs dit un truc du genre : « Surtout dit bien à Ratchet que ce n’est pas du tout pour lui dire de réintégrer les Forces Défensives, sinon il va péter une durite, et pour l’instant il est plutôt sympa, alors j’aimerais que ça dure ».
- Je vois, dit Ratchet en rigolant.
- J’ai autre chose que j’aimerais te demander de faire, dit Joris en regardant le lombax avec un sourire carnassier.
- Quoi donc ? demanda timidement Ratchet.
- Est-ce que ça te ferait plaisir si on allait s’entrainer un peu ? demanda le markazien. Je crois me souvenir qu’un peu plus de cours sur l’utilisation de ta jolie clé te ferait du bien.
- Je ne devrais pas me reposer un peu plutôt ? s’interrogea Ratchet.
- Tu auras bien le temps de faire ça pendant le trajet vers Murkow, répondit Joris avec assurance. En attendant, bossons le maniement de ton arme.
- D’accord, dit Ratchet.

Le lombax ayant enfilée sa tenue de ranger orange et bleue, il se dirigea avec Joris vers la salle d’entrainement de la station, dans laquelle les deux individus restèrent le temps que Talwyn et Clank terminent les préparatifs. Quelques heures d’intense entrainement plus tard, Ratchet et Joris furent interrompus par un message annonçant l’embarquement pour l’opération visant à appréhender la fugitive Ténex. Ils se dirigèrent immédiatement vers la même frégate qui les avait amenés plus tôt à la station spatiale, et dont l’équipage était maintenant composé majoritairement de ranger. Une fois tous les préparatifs accomplis, le vaisseau quitta la station et alla rejoindre trois autres frégates similaires. Après une dernière phase préparation, les quatre vaisseaux activèrent leur module FTL et partirent en hyperespace, avec comme destination la planète Murkow.




Après son altercation avec Ratchet et Clank, Astra quitta la planète Fastoon. Elle réfléchit un moment à son plan d’action avant de mettre le cap sur la planète Terachnos. Elle se souvenait du temps qu’elle avait passé sur cette planète durant son adolescence et espérait y trouver de quoi se nourrir et s’y reposer. Elle était impatiente de retrouver les grandes plaines verdoyantes de la planète où elle avait passé d’excellent moments durant son entrainement. La Ténex fut également émue en pensant à ses amis terachnoïdes, avec qui elle avait profité des joies des magnifiques océans de la planète, mais qui devaient probablement être mort depuis plus d’un siècle. Elle prit la décision de se rendre dans la petite ville d’Axiom City, qui était, selon ses souvenirs, un petit spatioport assez populaire sur la planète. Un endroit idéal donc pour trouver des ressources essentielles.
Astra sortit de l’hyperespace à proximité de la magnifique planète dont les gigantesques océans lui donnaient une teinte bleue très sombre et profonde. Le vaisseau de classe Archangel pénétra à grande vitesse dans l’atmosphère en direction des coordonnées d’Axiom City et entama sa procédure de descente vers la ville. Cependant, en voyant le paysage, Astra fut choquée de l’aspect de la planète. À la place de la petite bourgade commerçante, que s’attendait à trouver la Ténex sur base de ses souvenirs, se trouvait maintenant une gigantesque mégalopole s’étendant sur ce qui semblait être des centaines de kilomètres. L’Odyssée survola la gigantesque cité pendant un long moment pendant que Astra observait l’importance de sa transformation. Les grands espaces verts et la luxuriante végétation de la planète avait disparu au profit de gigantesques gratte-ciels. Les magnifiques plages sur lesquels la jeune femme avait étudié la vie maritime de la galaxie avec son père n’existaient tout simplement plus. Elle fut éparée de voir que la ville continuait même de s’étendre sur l’océan.
En voyant cette scène, Astra décida de rebrousser chemin et redressa son vaisseau de manière à retourner dans l’espace. La vue de la planète Terachnos complètement bouleversée en comparaison du souvenir qu’elle en avait. Les larmes aux yeux, elle coupa les réacteurs de son vaisseau et se laissa dériver dans le vide de l’espace pour réfléchir.

- Hum… Astra ? dit l’Odyssée en commençant à s’impatienter. Sans vouloir être méchant, ce serait bien de se bouger un petit peu, sinon on va commencer par se faire aborder par des ferrailleurs.
- À quoi bon ? soupira la Ténex. Je ne comprends plus rien à cette galaxie. Les lombax ont disparus, Axiom City est devenue une ville encore plus urbaine que Meridian City. Je peux peut-être tenter de retrouver les lombax, mais pour leur dire quoi ?
- Tu ne comptais pas leur casser la gueule à la base ? demanda le vaisseau.
- Alors clairement, affirma Astra, le général Zel et ses assassins de gardes prétoriens, j’aurais bien pris un grand plaisir à les écraser comme les cafards qu’ils sont. Le reste des lombax, bah j’aurais fait en sorte qu’ils reconnaissent tous les crimes qu’ils ont commis contre les Ténex et qu’ils construisent une société juste, ou un truc bien au moins. Mais là, admettons qu’on arrive à les retrouver je leur dis quoi ? « Coucou, vous voulez bien reconnaître les crimes commis il y a plus de trois siècles par votre civilisation qui s’est effondrée depuis genre vingt-cinq ans ? » Ils me prendraient pour une folle dingue et à raison. Donc si t’as une idée, je suis preneuse.
- Bah je ne sais pas moi ! répondit fermement le vaisseau. Ce n’est pas moi qui ai eu la merveilleuse idée de voyager deux cent ans dans le futur sur un coup de tête comme une débile.
- C’était un accident, je te l’ai déjà dit, assura la jeune femme. Je me suis engueulée avec Orvus sur les lombax, j’ai voulu lui arracher le chronosceptre des mains, c’est parti en vrille, et hop, je suis tombée dans une faille temporelle. Désolée de pas avoir pu déterminer quand j’ai atterri.
- Je suis supposé te répondre « ce sont des choses arrivent » là ? s’interrogea l’Odyssée avec irone. Non parce que : ce ne sont pas des choses qui arrivent.
- Par pitié, ferme là, fit Astra. Bordel, j’ai besoin de gnôle. T’as réussi à te connecter à l’holonet de cette époque ? Parce que si tu pouvais m’indiquer le bar le plus proche ce serait merveilleux.
- Ouais, c’est bon, les paramètres de connexion étaient pas mal différent que dans le passé, mais comme d’habitude, j’ai tout géré. Du coup, fit-il en cherchant, il semblerait qu’il y ait un petit bar, le Brasse-espace, posé sur un astéroïde pas loin d’ici. Par contre, il a seulement une étoile sur cinq sur SpaceAdvisor.com.
- Je m’en fous, tant qu’il y a de la bonne bière ça me va, répondit la Ténex en se mettant en position pour redémarrer.

Après un court voyage dans le secteur de Vela, l’Odyssée arriva sur un petit astéroïde où était posée une petite installation. Astra alla se poser à proximité des quelques autres vaisseaux devant certainement appartenir aux clients de l’établissement. Elle sauta hors de son véhicule et observa les alentours. Elle comprit rapidement que la très faible note de l’établissement était largement méritée. L’endroit ne semblait pas avoir été entretenu depuis des années et des quantités impressionnantes d’immondices trainaient en tas dans un coin de la plateforme qui tenait sur l’astéroïde. Malgré que l’objet spatial soit protégé par une bulle d’oxygène permettant à ses occupants de respirer librement, la Ténex hésita un instant à s’équiper de son masque à oxygène tellement l’odeur était désagréable. Cependant, elle persista dans son idée d’aller boire et verre et attacha le chronosceptre, qui avait à nouveau rétrécit de façon à être plus aisément transportable, à sa ceinture avant de s’avancer en direction du bar.

- Astra, fit le vaisseau d’une voix inquiète, ce coin m’a l’air un peu pourri, et vu l’état pitoyable des autres vaisseaux, je suis quasiment sûr que quelqu’un va essayer de me voler en voyant ma carrosserie brillante.
- Et alors ? s’interrogea Astra. Je crois que tu es tout à fait capable de te débrouiller seul et de te défendre.
- J’ai l’autorisation d’éliminer les menaces potentielles ? demanda le vaisseau.
- Accordée ! répondit la Ténex.
- Tout va bien alors, dit joyeusement l’Odyssée.

Astra s’avança donc vers le Brasse-espace et entra dedans sans hésiter. L’intérieur était aussi miteux que l’extérieur et le carrelage tout comme les murs ne semblaient pas avoir été nettoyés depuis bien longtemps. Il n’y avait pas beaucoup de monde au sein de l’établissement mis à part un groupe de cinq agoriens qui buvaient abondamment, un vieux markazien assis sur un tabouret, quelques pirates de l’espace, ainsi qu’un terachnoïde étalé sous une table dans une flaque de ce qui devait sans doute être son propre vomi. Le markazien et l’un des agoriens regarda la Ténex d’un regard étrange, étonné sans doute de la présence extrêmement rare d’un fastoonien. La femme au pelage gris se dirigea vers le bar qui était tenu par un Vullard et s’assis sur un tabouret – après avoir vérifié que celui-ci était un minimum propre. Le tenancier ressemblait, comme tous les membres de son espèce, à une sorte de petit dinosaure bipède, auquel on aurait collé des plaques métalliques sur toute la partie supérieure de son corps, jusqu’à ce que son visage ressemble plus à celui d’un robot. Ce dernier s’approcha d’Astra pour prendre sa commande.

- Bonjour ma petite demoiselle, dit-il avec une voix métallisée. Qu’est-ce que ce sera pour toi ?
- Alors déjà, répondit Astra d’une voix légère, vous me faites encore un commentaire paternaliste dans ce goût-là, et je vous jure que je vous balance dans l’espace. Ensuite, je prendrai une boltvik, faute de mieux, ça reste une bonne bière.
- Euh, tout de suite, dit le Vullard, circonspect par la réponse de sa cliente.

Quelques instants plus tard, le tenancier apporta le verre de bière à Astra que celle-ci, commença à boire. La bolvik n’était clairement pas la meilleure bière de la galaxie, mais cela lui suffisait, et elle se souvenait en avoir bu une belle quantité durant ses études. Les pirates de l’espace sortirent après quelques minutes. Astra s’amusa à écouter ce que disaient les agoriens en buvant. Ceux-ci amusaient particulièrement la Ténex. Ils s’agissaient de bipèdes avec une apparence reptilienne et dont la peau était rouge. Leur torse était extrêmement grand et composait la majorité de leur corps. Si leur jambe était relativement mince et semblaient presque être frêles, leurs bras très épais compensaient. Elle se demanda d’ailleurs comment ceux-ci avaient évolué durant ses deux siècles d’absence. Selon ses souvenirs, ils commençaient tout juste à avoir une certaine présence dans Polaris, après que leur planète natale ait été anéantie par un astéroïde. Ils étaient alors devenus un peuple nomade qui posait d’importants problèmes, surtout du fait du caractère belliqueux des agoriens.
Le petit groupe était occupé à s’enjailler autour de nombreux verres de bières. Soudain, ils se mirent à chanter. Astra fut étonnée de reconnaître un chant folklorique que l’on entonnait déjà à son époque, au sein des corporations étudiantes dans lesquelles la Ténex s’étaient particulièrement investie, lorsque son père l’avait autorisé à accomplir des études à l’Université de Markazia – tout en la faisant surveiller par des zonis pour veiller à ce que rien ne lui arrive. Le rythme et certaines paroles avaient légèrement changés mais cela restait bien la même chanson. Celle-ci ressemblait à cela : [Sur l’air de « Le pendu » aka « La femme du vidangeur » dans Le bitu magnifique, sixième édition]


L’autre jour, l’idée m’est venue
Cré nom d’zoni d’tabasser un lombax
Son sang coulant sur ma pence
Pendant que mon cœur part en balance
J’ai jamais pu l’tabasser qu’en m’tachant
Cré nom d’zoni on est jamais content
Refrain :
La femme du markazien préfère à son copain
L’copain de sa grand’ sœur qu’elle aime éperdument
Il était deux amants qui s’aimaient tendrement
Qui frappaient par devant, par derrière
Il était deux amants qui s’aimaient tendrement
Qui battaient des lombax mais tout en s’embrassant



Alors que Astra s’amusait à chanter dans sa tête avec les agoriens, le vieux markazien s’approcha et s’assit à côté d’elle. Celui-ci devait avoir facilement la cinquantaine et, s’il était pratiquement chauve, il possédait tout de même une queue de cheval grisonnante, visiblement mal entretenue. La veste bleue qu’il portait était également dans un piteux état, et son odeur vint troubler la paix des voies nasales de la Ténex. Cela ne fut pas rendu plus supportable par le fait qu’il se rapproche autant que possible de la jeune femme au point d’amplement perturber son espace vital. À ses yeux, il était clair que le markazien était complètement ivre et Astra fut largement convaincue du fait que cet homme allait s’avérer particulièrement irritant.

- Eh, gamine, dit le markazien en articulant péniblement, t’es un lombax c’est ça ? On en voit pas beaucoup depuis qu’ils sont morts ou partis ou j’sais pas trop quoi. ‘Fin c’est bien ça hein ? Genre ouais comme l’autre qu’on voit parfois aux infos là. C’est quoi son nom déjà ? Lachet ? Kazette ? Razirr ? Boarf, j’sais plus mais il a l’air d’être un bon gros puceau !
Astra ignora les débilités que proféraient le markazien et préféra continuer de boire sa bière sans trop faire attention. Mais l’homme se fit de plus en plus envahissant et commença à s’appuyer sur la Ténex en continuant à lui parler.
- Dis tu m’écoutes ? insista le markazien en devenant vraiment oppressant. Tu sais que t’es vachement mignonne ? J’ai toujours voulu faire des choses amusantes avec des boules de poils comme toi. Viens, continua-t-il en sortant une bourse remplie de boulons, je te donne ça et tu m’accompagnes un moment derrière le bar.

Exaspérée de ne pas pouvoir boire sa bière en paix, Astra attrapa la queue de cheval du markazien et lui écrasa le visage sur le bar. En entendant le craquement provoqué par le brisement du nez de ce dernier, les agoriens se retournèrent pour regarder la scène. Alors que la jeune femme terminait tranquillement son verre, le markazien s’était étalé au sol et gémissait bruyamment tout en ayant ses mains collées à son visage ensanglanté. Les reptiles rouges, amusés par la souffrance de l’agresseur, éclatèrent de rire. Astra sourit et ramassa la bourse de boulons du markazien et la tendit au Vullard.

- Tenancier, dit-elle d’un ton joyeux, je crois que ceci devrait permettre de régler ma note, et même de payer une tournée de boltvik à tout le monde, tout en vous offrant un généreux pourboire.
- Je l’aime bien cette fille-là, se réjouit un agorien.

Le Vullard haussa les épaules et distribua les bières à toutes les personnes présentes, avant de se mettre à nettoyer le sang qui s’était étendu sur le bar. L’un des agoriens se leva alors et fit signe à Astra de le rejoindre pour trinquer avec elle. Celui-ci semblait être respecté par ses compères et était visiblement le plus costaud du groupe. Il avait de multiples cicatrices sur le corps, en particulier sur son visage où plusieurs d’entre elles entouraient ses petits yeux jaunes, ainsi que sur son torse. En guise d’armure, il ne portait qu’une légère plaque lui protégeant l’épaule gauche et le cœur. Son trait le plus notable était que son bras droit était absent, et avait été remplacé par un membre mécanique. Ce dernier était visiblement de piètre qualité et grinçait régulièrement, ce qui, dans un affrontement, pourrait s’avérer fatal. La Ténex prit son verre et s’approcha avec assurance du groupe qui la dévisageait en souriant.

- Salutations lombax, commença l’agorien l’ayant appelé. Je me prénomme Arkantos et je suis le grand leader suprême des agoriens.
- Enchanté, je suis Astra, répondit cette dernière en faisant en sorte de maintenir un ton assuré qui était presque une condition de survie lorsque l’on s’adressait à un agorien. Par contre, si je suis bien d’origine fastoonienne, je suis une Ténex et non une lombax.
- Il y a une différence ? s’interrogea Arkantos d’un ton moqueur. Parce que je ne la vois pas franchement.
- Disons que la plupart du temps, quand un lombax croise un ténex, fit-elle d’un ton sarcastique, il repart généralement avec des dents en moins et des os brisés.
Cette remarque eut pour effet de faire à nouveau rire les agoriens. Ceux-ci levèrent leurs verres et Astra trinqua avec eux en buvant sans sourciller plusieurs gorgées de sa bière.

- T’es vraiment cool pour une boule de poils, dit l’agorien d’un air joyeux. Si tu veux t’amuser avec nous, t’es la bienvenue.
- Ce serait avec grand plaisir mais j’ai des choses importantes que je dois régler par moi-même, répondit la Ténex.
- Voilà qui est bien malheureux, regretta Arkantos. J’aurais bien aimé voir comment tu te débrouillais dans un ring. Si jamais tu changes d’avis, la plupart des agoriens trainent sur une lune du secteur de Korthos, donc n’hésite pas à venir.
- Je ne suis pas trop sûre d’avoir le temps, mais d’accord, dit-elle. Mais dis-moi, quelle est la situation actuelle des agoriens.

Le leader agorien prit soudainement une mine sombre et se ressaya sur sa chaise, pendant que ses compagnons détournèrent le regard.

- En gros, c’est la merde, commença Arkantos. On n’a pas trop choisi de s’installer sur cette lune miteuse. Mais nous n’avons plus de flotte et les autorités galactiques nous empêchent d’en construire une nouvelle.
- Vous étiez bien toujours un peuple nomade à la base ? s’interrogea Astra, incertaine des mœurs actuelles des agoriens.
- C’est ça, répondit le guerrier, il y avait bien quelques installations par-ci, par-là dans la galaxie, mais globalement on ne restait jamais bien longtemps au même endroit. Parce que rester immobile, ça ne permet pas beaucoup de tuer et de piller. Donc on avait une grande et puissante flotte agorienne, avec surtout le gigantesque croiseur de la battleplex où demeuraient des dizaines de milliers d’entre nous. Ce vaisseau, c’était une beauté, vraiment. On le pensait complètement invincible…
- Et qu’est-ce qu’il s’est passé pour que vous perdiez tout cela ? demanda la Ténex.
- Après la fin de la République Galactique, poursuivit l’agorien, les différentes espèces de fragiles qui peuplent cette fichue galaxie ont décidé de s’unir en voulant mettre fin aux guerres et aux combats. Eh bah nous ça ne nous arrangeait pas, donc mon prédécesseur leur a dit « merde », et on a commencé à se battre pour garder le droit de castagner la gueule à qui on veut, quand on veut. Mais bien sûr ça ne leur a pas plu à ses salauds de fonctionnaires. Donc ils nous ont envoyé leurs Forces de la Débilité de Polaris.
- Et cela a suffi à écraser notre rébellion ? fit Astra.
- Pas vraiment, continua-t-il. Au début on s’amusait bien, on dézinguait leurs soldats et tout, parce qu’on est des agoriens et on sait se battre. Mais une personne a tout fait basculer : Talwyn Apogée. Une saloperie de markazienne qui a pris notre flotte en traître alors qu’on s’apprêtait à casser du Terachnoïde à Axiom City, parce que c’est rigolo. Même si la bataille fut assez intense, notre ancien leader n’a pas vu venir une attaque en tenaille, et cette Talwyn a réussi à détruire la battleplex, et ce vieil agorien débile avec. Après cet échec, on s’est planté sur une vieille lune, sans véritable moyen de se barrer.
- Et c’est là que t’en as profiter pour prendre le contrôle en douce, s’exclama un autre agorien.
- Si tu veux on peut régler ça ici, s’énerva Azkantos. Histoire que je te fasse bouffer tes tripes.
- Je suppose que le gouvernement met aussi tout en œuvre pour que vous ne soyez pas capable de reconstruire votre flotte ? demanda la Ténex.
- Bien entendu, dit l’agorien sans cacher son énervement. Comme on n’a pas voulu signer leur charte à deux boulons, on a plein d’embargos. Du coup on n’a plus de flotte, nos armes sont nulles, et nos vaisseaux rouillent à vue d’œil, donc c’est chiant.
- Bonne chance à vous, alors, conclut-elle. Le vent finira bien par tourner et je pense qu’on se reverra peut-être bientôt.
- Au plaisir, salua Arkantos.

Après avoir terminé de boire sa bière avec le groupe, Astra quitta le bar pour retrouver son vaisseau. Quelques mètres devant l’Odyssée, elle trouva le corps d’un autre Vullard étendu sur le sol, et dont le torse présentait un trou, toujours fumant, formé par un tir de canon à ion. Elle regarda son véhicule et vit que ses armes avaient été récemment activées.

- Bah quoi, fit l’Odyssée d’un ton innocent. Ce ferrailleur avait clairement l’intention de me démonter. Je n’ai fait que me défendre et puis j’avais l’autorisation !
- Bordel, répondit Astra, je crois que t’as buté le frère du tenancier du bar.
- Repose en paix ? ironisa le vaisseau.
- Je crois qu’il vaudrait mieux qu’on parte d’ici dans pas trop longtemps, soupira Astra.
La Ténex au pelage gris grimpa dans le vaisseau et se prépara à décoller. Soudain, elle réalisa qu’elle n’avait toujours pas pris de véritable décision et se remit donc à réfléchir. Elle activa un instant son chronosceptre afin de détecter l’emplacement des pièces lui manquant. Elle détermina rapidement que la première se trouvait sur la planète Igliak, et la seconde sur la planète Murkow. Étant donné que l’Odyssé était parvenu à se connecter sur l’holonet elle fit une recherche rapide sur l’holonet, de façon à savoir quel était l’état actuel de ces deux planètes. Il lui apparut rapidement qu’il était plus recommandable de commencer par récupérer la pièce se trouvant dans les jungles de Murkow, plutôt que de s’attaquer à une grande ville comme Meridian City où l’artefact risquait d’être bien plus surveillé. Astra prit donc la décision de commencer par la pièce la plus facilement accessible. Cependant, elle hésita encore longuement à démarrer, du fait qu’elle ne savait toujours pas quoi faire après avoir restauré le chronosceptre à sa pleine puissance.
- C’est quoi le plan du coup ? demanda le vaisseau.
- Te jeter dans une étoile pour que t’arrête de poser cette question, ironisa Astra.
- Écoute, à cause de toi je me suis déjà fait courser par Orvus lui-même, rappela l’Odyssée. Je pense qu’à côté de cela, nager dans une étoile n’est pas particulièrement dangereux.
- Plus sérieusement, reprit la jeune femme, ces bières ne m’ont pas vraiment aidé à trouver de solutions à notre problème.
- Au pire, on commence déjà par réparer le chronosceptre et on verra après pour les lombax ? demanda le véhicule.
- Je suppose que je n’ai pas trop d’autres choix pour le moment, soupira Astra. Je ne peux pas retourner à la Grande Horloge, Fastoon est en ruine, mon frère et le dernier survivant de mon espèce veulent sans doute me tuer. C’est la belle vie.
Soudain, le tenancier Vullard du Brasse-espace sortit pour jeter le markazien hors de son établissement. Il remarqua alors le cadavre du ferrailleur à proximité du vaisseau fastoonien et commença hurler en faisant de grands gestes.
- Euh… je crois que l’on ferait mieux de déguerpir, dit Astra.
- Bah voilà, tu vois que tu peux faire un plan quand tu veux ! s’exclama le vaisseau.
- Oh par pitié ferme la et décolle, ordonna-t-elle.

Le vaisseau décolla et s’éloigna à grande vitesse de l’astéroïde, en se doutant pertinemment que plus jamais il n’y mettrait les pieds. Une fois dans l’espace, Astra prit la décision de calculer un certain itinéraire, et après quelques instants l’Odyssée partit en hyperespace, avec comme destination la planète Murkow.



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